| ET AUSSI! |
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Tarifs bals et cours bal seul : 16 € bal associé à un spectacle : 10,5 € forfait 3 spectacles + 2 bals : 69 €
1 cours de tango : 16 € forfait 5 cours : 60 € forfait 8 cours : 90 € |
Buenos Aires Tango 4
Fiche artistique
| Musique, danse, bals, cours de tango |
| Salle Jean Vilar |
| 5 au 15 juin 08 |
| 20h30 / dimanche 15h / relâche lundi |
| DANSE / MUSIQUE |
5, 6, 7 juin à 20h30, 8 juin à 15h
Un spectacle de Silvana Grill (direction, chorégraphie)
Musique originale, direction musicale Ramiro Gallo
Avec les danseurs de la Compañía No Bailarás
Et les musiciens du Ramiro Gallo Quinteto
Tangos Clásicos I
10, 11, 12 juin à 20h30
Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce
Maestro Néstor Marconi, direction musicale, bandonéon
Maestro invité Juan Carlos Godoy, chanteur
Musiciens invités :
César Salgán et Esteban Falabella, duo piano-guitare
Danseurs :
Gloria et Eduardo / Compañía Unión Tanguera
Tangos Clásicos II
13, 14 juin à 20h30, 15 juin à 15h
Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce
Maestros :
Néstor Marconi, direction musicale, bandonéon
Aníbal Arias et Osvaldo Montes, duo invité guitare-bandonéon
Juan Carlos Godoy, chanteur invité
Danseurs :
Carlos et Rosa Perez / Compañía Unión Tanguera
Ignacio Varchausky, direction artistique pour l'Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce
Esteban Moreno, coordination chorégraphique pour la Compañia Unión Tanguera
Quinteto el Después : Victor Villena (bandonéon), Alejandro Schwarz (guitare, composition et arrangements), Cyril Garac (violon), Ivo de Greef (piano), Bernard Lanaspèze (contrebasse) / DJ Inca
démonstrations de danse : Compañía No Bailarás
Orquesta La Bordona : Victor Villena (bandonéon), Alejandro Schwarz (guitare, composition et arrangements), Cyril Garac (violon), Ivo de Greef (piano), Ignacio Varchausky (contrebasse) / DJ Inca
démonstrations de danse : Claudia Codega et Esteban Moreno (13 juin), Mariana Montes et Sebastián Arce (14 juin)
• Cours de tango / 17h / Grand Foyer
5, 6 et 7 juin • Compañía No Bailarás : Paula Gurini et Mariano Bielak, Julieta Biscione et Roberto Castillo, Gimena Aramburu et Juan Fossati
10, 11 et 13 juin • Mariana Montes et Sebastián Arce, Céline Ruiz et Damián Rosenthal, Claudia Codega et Esteban Moreno
12 juin • Gloria et Eduardo / Céline Ruiz et Damián Rosenthal, Claudia Codega et Esteban Moreno
Buenos Aires Tango 4 à Paris
Entre tradition et modernité, cette quatrième édition de Buenos Aires Tango vient, comme les précédentes, directement de la capitale argentine et présente les artistes majeurs de la scène porteña actuelle : les maestros , figures légendaires du tango (Néstor Marconi, Juan Carlos Godoy, Alberto Podesta, Aníbal Arias et Osvaldo Montes), les couples de danseurs mythiques (Gloria et Eduardo, Rosa et Carlos Perez), la relève (la chorégraphe Silvana Grill, le compositeur et violoniste Ramiro Gallo, l’Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, orchestre typique composé d’une pépinière de jeunes musiciens) et de nombreux invités.
Au cours des dix dernières années, le tango a reconquis le coeur des publics locaux et étrangers. Et tandis que certains considèrent que le tango est à présent plus vieux de dix ans, d'autres, dont je fais partie, sont convaincus qu'il a en réalité rajeuni de dix ans. En effet, et ce à la grande surprise des plus sceptiques, le nombre de nouveaux interprètes s'est multiplié de façon exponentielle, renouvelant ainsi les effectifs des orchestres et ensembles historiques. Dans le même temps, et plus particulièrement à partir du premier Festival Buenos Aires Tango en 1998, et de la création de l'Orquesta Escuela de Tango (qui porte aujourd'hui le nom d'Emilio Balcarce) en 2000, les différentes générations de musiciens ont découvert la nécessité d'agir les unes envers les autres. Enoncer cela aujourd'hui peut paraître idiot, mais il y a dix ans, il n'était pas très courant de voir des musiciens jeunes jouer au côté de vieux maestros, comme si la nature marquait entre les générations une frontière uniquement traversée par quelques braves.
Par ailleurs, souvenons-nous qu'entre 1960 et le début des années 1990, le tango a été ouvertement rejeté -et même renié-, par la jeunesse. Triste conséquence du manque d'interaction entre les générations, un fossé s'est creusé et le tissu culturel s'est déchiré, interrompant la transmission naturelle des secrets propres à cet art si particulier.
Heureusement, tout a changé. Nous, les jeunes, avons compris l'importance capitale que représente la transmission orale, et nous nous sommes lancés avec avidité à la recherche des maîtres, véritables protagonistes et gardiens de l'histoire virtuose de ces années 1940 et 1950. L'occasion de les connaître, d'étudier et de jouer avec eux était unique -et ultime, dans bien des cas- : elle est devenue pour les jeunes une mission fondamentale. De leur côté, les maestros ont découvert que tout cet enthousiasme allait de pair avec l'érudition et le talent, formant ainsi une combinaison parfaite qui leur permettait de recruter des musiciens pour leurs propres projets.
C'est dans un contexte de bouillonnement intense, marqué par le grand retour du tango à Buenos Aires que cet art, une fois de plus, est représenté par des artistes dignes de le jouer, le chanter et le danser. Et même si on ne revit pas la fureur de ce qu'on a appelé "l'âge d'or", il est certain que, comme à l'époque, la majorité des groupes de tango est composée de jeunes artistes.
Dès la première édition du Festival Buenos Aires Tango à Paris (juin 2001), l'équipe qui en assume la direction artistique a clairement posé l'objectif de créer des programmes qui soient représentatifs de l'actualité du genre en Argentine. Jamais il n'a été question de sélectionner uniquement quelques bons artistes de tango et de les placer sur la scène du Théâtre National de Chaillot, mais de monter des programmes originaux qui transportent l'expérience du tango de Paris à Buenos Aires : un univers attrayant pour le public, qu'il soit portègne ou parisien. C'est pour toutes ces raisons que nous avons choisi d'axer la programmation de cette nouvelle édition autour de jeunes musiciens, tout en créant un espace de dialogue avec de légendaires artistes comme Alberto Podestá, Juan Carlos Godoy, le duo Arias-Montes, Gloria et Eduardo, Carlos et Rosa Pérez, et Néstor Marconi lui-même, actuel directeur de l'Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce.
Etre spectateur et auditeur, dans un même théâtre, de ce dialogue entre des générations différentes constitue une opportunité exceptionnelle, c'est également un instantané très représentatif de ce qu'est le tango aujourd'hui à Buenos Aires.
Premier programme du festival, le spectacle Grotesca pasión trasnochada, dirigé par Silvana Grill sur une musique de Ramiro Gallo, accède à un juste équilibre entre tradition et modernité, entre respect et transgression. Comme si c’était un hasard, Gallo est un pilier au sein du corps enseignant de l'Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce et Grill, la fondatrice du Ballet-Ecole de Tango Argentin : deux projets axés autour de l'interaction entre les jeunes et les anciens maestros. Ici, tous les éléments qui composent le tango traditionnel sont représentés, mais avec un regard actuel, frais et plein d'une tendre insolence.
Le deuxième programme est confié à l'Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, formation typique à l'effectif important, composée de jeunes musiciens et dirigée par le prestigieux bandonéoniste Néstor Marconi. L'orchestre typique est considéré dans le tango comme l'expression musicale la plus aboutie : la magnifique sonorité des bandonéons, le pupitre des cordes au complet et le piano brillent ici comme dans nulle autre formation. Le répertoire de ce programme, classique, est consacré au style des grands orchestres des années 1940 et 1950, comme ceux de Carlos Di Sarli, Osvaldo Pugliese, Alfredo Gobbi et Aníbal Troilo, entre autres. De plus, les danseurs Gloria et Eduardo, artistes mythiques créateurs d'une bonne partie du langage chorégraphique propre au tango de scène, seront présents également, spécialement pour l'occasion. Et comme les formations de tango ne sont pas toutes des orchestres, nous avons souhaité inclure un ensemble qui puisse partager un son plus proche de la musique de chambre et où tout est écrit dans les moindres détails : Il s'agit du duo composé par César Salgán et Esteban Falabella, dans la lignée du célèbre duo Salgán-De Lío. De son côté, le chanteur Juan Carlos Godoy remettra au goût du jour plusieurs succès de son époque avec l'orchestre d'Alfredo de Angelis, le préféré de nombre d'entre nous. La danse sera ici aussi représentée par la compagnie Unión Tanguera, dirigée par Esteban Moreno et Claudia Codega, deux références fondamentales lorsque l'on évoque le lien nécessaire entre les jeunes artistes et les vieux milongueros. Toutes les chorégraphies de ce programme sont des créations originales.
Le troisième programme propose un répertoire plus actuel, dont plusieurs compositions du chef Néstor Marconi et du grand Emilio Balcarce. Là, il sera à nouveau question de jeu et d'aller et retour entre jeunes artistes et maestros. Les merveilleux danseurs Carlos et Rosa Pérez feront partager leur grande expérience de la milonga, en montrant comment l'on danse aujourd'hui à Buenos Aires. Et pour approfondir notre concept d'action intergénérationnelle, le légendaire chanteur Alberto Podestá interprètera quelques-uns de ses plus grands succès, accompagné, comme il y a cinquante ans, par de jeunes musiciens. Ce programme sera complété par la prestation du duo d'Aníbal Arias et Osvaldo Montes, pour une approche toute différente du répertoire. Ils jouent en effet "a la parrilla", ainsi que l'on nomme dans le jargon du tango ceux qui improvisent musicalement à partir d'un nombre d'accords minimum. Arias et Montes nous démontrent avec impertinence et maestria les possibilités infinies que renferme un tango. Tout comme dans le programme précédent, Unión Tanguera réalisera des chorégraphies originales mêlant un langage classique perçu depuis une perspective actuelle.
Ignacio Varchausky, 2008
(Traduction : Céline Foucaut)



