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g Salle Firmin Gémier

6 fév 2019

Projections de films de danse

Une joie secrète de Jérôme Cassou / Angelin Preljocaj, danser l'invisible de Florence Platarets

• Une joie secrète de Jérôme Cassou avec Nadia Vadori-Gauthier d'après Une minute de danse par jour.

France /2019/ Production : le Prix de l'essence

En 2015, sous le choc de l’attentat de Charlie Hebdo, la chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier décide de danser chaque jour une minute, de se filmer et de partager ses vidéos sur les réseaux sociaux.
Ses danses surfent sur l’actualité brûlante (attentats, grèves, manifestations, élections…) ou sur les micro-événements de notre quotidien. Ainsi, depuis presque 4 ans, le projet Une minute de danse par jour est un geste de résistance poétique qui distille sans relâche une douceur infinitésimale dans la dureté du monde, dans les contextes les plus variés et quelles que soient les circonstances.
Dans ce film documentaire envisagé comme un road movie chorégraphique et immersif, le réalisateur Jérôme Cassou suit la chorégraphe au fil des jours. Il la filme caméra à la main, recueille parfois des commentaires ou confidences. Les images sont prises dans le mouvement, au plus proche du réel. Elles accompagnent les danses au cœur de la ville et de l’actualité, entrant dans divers temps de vie, au sein de la foule qui se presse, dans une rue déserte, une gare ou dans un jardin… Les plans se composent au rythme de la voix off de l’artiste, témoignant de son processus. La danse se déroule dans divers endroits de Paris et de ses environs créant une « langue des corps » par laquelle les visages et les regards se croisent, les atmosphères changent. Les images des danses sont entrecoupées de témoignages de la chorégraphe, d’artistes et de professionnels de la danse, évoquant les dimensions poétiques, éthiques, philosophiques et anthropologiques d’Une minute de danse par jour.

Le film donne à voir une part invisible du processus à l’œuvre. Il tisse des liens, par l’image, entre la nécessité de l’artiste, la réalisation effective de l’œuvre et les enjeux collectifs portés par cette artiste engagée au cœur du réel.

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• Angelin Preljocaj, danser l'invisible de Florence Platarets

France /2019/ Production : Magnéto Presse avec la participation de France Télévisions

Le rideau se lève. Une lueur crépusculaire dévoile peu à peu treize corps enchevêtrés. Une main, une jambe, un visage s’avancent dans la lumière, et dérivent au ralenti dans un état d’apesanteur. Ainsi commence Gravité, la dernière création 2018 d’Angelin Preljocaj. Cette pièce abstraite, sans récit ni personnage, sans décor ni artifice de mise en scène, repose essentiellement sur une recherche autour de la gravité. Il aura fallu moins de 5 mois au chorégraphe pour venir à bout de ce défi lancé aux lois de l’attraction. Ce film en suit toute la genèse, de la toute première répétition au Pavillon Noir (le Centre Chorégraphique National d’Aix-en-Provence qu’Angelin Preljocaj dirige) à la première représentation du spectacle à la Biennale de la Danse. Il est une porte entrouverte sur ce que l’on ne voit que très rarement : les coulisses d’une création, avec ce qu’elle comporte de tâtonnements et de doutes, d’âpreté et d’angoisses, d’efforts quotidiens et d’instants de grâce.

Observer un artiste au travail permet de mieux cerner sa psyché créatrice, de mesurer par le geste la force d’un style, la richesse d’un parcours. Depuis 35 ans maintenant, Angelin Preljocaj regarde le monde à travers la danse. En plus de 50 créations, il a embrassé toutes les formes – du solo intimiste à la fresque monumentale, collaboré avec les institutions internationales les plus prestigieuses et dialogué avec des artistes venus de toutes les disciplines.  Sa trajectoire de danseur et chorégraphe s’est construite au contact de grandes figures tutélaires (Karin Waehner, Merce Cunningham, Dominique Bagouet) et s’est patiemment nourrie d’une constellation d’influences (Rudolf Noureev, les Ballets russes, Chaplin, la comédie musicale…). Angelin Preljocaj a sondé la profondeur des sentiments humains : la violence, la haine, le désir ou l’amour fou. Il a fouillé l’inconscient collectif en revisitant ses grands récits (Roméo et Juliette, Blanche Neige…), exploré sans tabou tous les états de corps et tiré de tout cela son propre langage chorégraphique. Angelin Preljocaj est un chercheur infatigable. « Créer, c’est ma manière d’être au monde », dit-il.

Le chorégraphe a depuis longtemps fait sienne cette phrase de Nietzsche : « Je considère comme gaspillée toute journée où je n'ai pas dansé ». Depuis l’enfance, il danse tous les jours parce que c’est d’abord là, dans son propre corps, qu’il cherche les mouvements qui composeront le spectacle à venir, avant de les transmettre aux danseurs. Sa danse est affaire d’espace, de vitesse, de poids et d’attraction entre les corps. Au fil des répétitions de Gravité, le témoignage de ses danseurs et des artistes qui ont collaboré avec lui depuis ses débuts donne la mesure de son exigence de précision et vient éclairer son parcours. Derrière la carapace de béton et de verre du Pavillon Noir, dans l’intimité des studios, ce film raconte l’histoire d’une création, regarde un artiste au travail et dessine le portrait d’un des plus grands chorégraphes de son temps.   

 

 

 

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